
A ces mots, il semble se renfrogner un tantinet. Il espère que cela passera inaperçu. Ce n’est pas le cas.
Il s’approche, et se poste devant moi de façon à ce que cinq malheureux centimètres de nous séparent. Comme il le fait toujours pour me distraire.
Cette fois, je refuse de me laisser avoir. Je refuse de me laisser contrôler par ma forte attirance. Et pourtant…
Son odeur me parvient déjà, aussi douce et envoûtante que sa voix était dure et sèche. Je n’ai qu’une envie, rencontrer ses yeux. Y lire ce que j’y avais désespérément cherché depuis le début, sans me l’avouer.

Ses iris noirs me fixent déjà. Et ils brillent.
D’une manière étrange. Ils brillent de larmes qui ont récemment coulées. Ils brillent de larmes qui menacent de refaire surface.
- Je croyais que c’était fini, je souffle, perdue. Je croyais que maintenant, tu t’en foutais de moi…
Je veux comprendre, sans savoir comment m’y prendre. Ses lèvres s’étendent en un sourire vainqueur et satisfait. Il s’amuse de mon égarement. Il s’amuse de mes hésitations. Maintenant que je sais qu’il m’a un jour aimée, il me manipule. Il veut me faire croire que c’est toujours le cas, pour ensuite me laisser m’effondrer au milieu de mes illusions.

Je ne ressens rien d’autre que frustration et colère.
Je le gifle impulsivement. Et je hurle.
- Quand est-ce que tu vas cesser d’agir comme si tout était un jeu ?! Je m’égosille, désireuse plus que tout qu’il considère mes paroles. Tu ne peux pas manipuler les sentiments des gens qui t’aiment à loisir, merde ! Je ne sais pas ce que tu as pu subir pour devenir comme ça, mais merde, arrête de me mettre au supplice !
Je m’arrête. Je n’en peux plus. Il veut continuer à ne rien laisser paraître ? Soit ! Il veut continuer à se faire haïr à force de s’amuser avec les personnes de son entourage ? Soit !
Qu’il aille se faire foutre ! Il ne mérite pas l’amour et l’attachement que tant de monde lui porte. Il s’en sert comme de marionnettes.

Je tourne les talons lorsqu’il me rattrape fermement par le bras.
Je n’ai aucune idée de comment il s’est débrouillé pour que cela arrive, mais il m’embrasse soudainement.
Et je sens dans ce baiser quelque chose qu’il n’avait jamais laissé paraître avant. J’y sens du désespoir, de l’envie et du besoin.
J’y sens une émotion qui se rapproche doucement de l’amour que j’ai tant cherché.
Par ce baiser, il paraît vulnérable. Par ce baiser, il semble enfin humain.
Souffle mêlés, langue entremêlées. Tout disparaît autour de nous. Et pour la première fois, il ne semble pas jouer la comédie. Il s’agrippe à moi parce qu’il le veut. Il me serre contre lui parce que… Nous sommes là, ici, maintenant.
Dans l’œil d’un cyclone…



Xx-lOola-linOn-xX
mer 23 jui 2008 16:21