
Andreas
Le jeune homme blond est assis au beau milieu de sa chambre. Il ne sait pas quoi faire. Absolument pas. Depuis l’étage inférieur lui parviennent des cris de joie, des retrouvailles. Il a cru comprendre que la grande sœur de Clint vient de montrer son nez par ici… Mais il s’en fou. Comme toujours. Il ne sait plus quoi faire. Et ça, c’est nouveau.
Plus le temps passe, et plus sa propre vie lui échappe. Petit à petit, il perd le contrôle. Et c’est bien la pire des choses qu’il pouvait lui arriver.
Lorsqu’il regarde ses mains, il ne sait plus comment s’en servir. Il à l’impression que son corps réponds à des ordres données par une puissance supérieur, une puissance qu’il ne connaît pas et qui lui échappe totalement. La puissance de sa folie.
De toutes les pensées confuses qui lui traversent l’esprit et l’âme, une seule lui paraît claire :
Elle se souvient. Il l’a aimée. Elle se souvient.

Mais comme il l’a laissé entendre, qu’est-ce que cela peut-il bien changer maintenant ? Il n’est plus sûr d’éprouver quoi que ce soit. Parce qu’il est sûr d’avoir perdu la capacité de ressentir. Et pour cela, la seule chose qu’il s’inspire lui-même, c’est simplement du mépris.
Certaines personnes se battent pour remonter à la surface. Certaines personnes savent faire face aux problèmes et avancent, sans pour autant se muer en être de glace, de cruauté et de méchanceté. Pourtant lui, c’est son cas. Il n’a rien fait pour être heureux. Il s’est contenté de se laisser absorber par les sables mouvants de son malheur et il s’est avoué vaincu dès le premier obstacle. Il n’est rien. Rien qu’un être pitoyable, et il le sait.
Les minutes passent. Il entend des conversations animées, en bas. Des conversations de gens heureux. Pourtant, ces voix, il les reconnaît. Celle de Jake, celle de Clint…

Ces deux là ont pourtant souffert, au moins autant que lui… Et même si Clint n’est pas un exemple de gentillesse incarnée, lui, il sait aimer. Lui, il sait accorder de l’importance aux choses. Et Jake… Jake, encore plus que les deux réunis.
Au fur et à mesure, quelques visiteurs s’éclipsent, et des nouveaux arrivent. Brièvement, il reconnaît deux voix féminines.
Alors il serre les poings. Elle est là. Elle est chez lui. Que faire ? Descendre, aller la retrouver, et se mettre à genoux devant elle pour lui crier qu’il l’aime ? Mais l’aime-t-il vraiment ?
En un éclair, il se souvient de cette nuit, de leur première rencontre. Il n’a jamais trouvé le moyen de tomber amoureux de Camilla, après des années d’amitié et un an de relation, et pourtant, la nuit du trois septembre, un simple regard sur cette brune fragile a suffit pour le faire chavirer.

Il la voit encore, frêle, entourée de ces six garçons dont il ne connaissait qu’un seul. Keith, qui était l’un de ses anciens amis… S’il avait pu les tuer, tous, il ne se serait pas gêné. Les voir tous autour d’elle, cruauté incarnée, cela l’avait rendu fou. Mais il s’était contenté de les repousser juste le temps de sortir l’adolescente de là. Parce que cette nuit, alors qu’il s’était déjà mué depuis bien longtemps en monstre d’indifférence, il n’avait vécu que pour elle. Et elle avait dormi dans ses bras. Et il était parti avant qu’elle ne se réveille, l’avait suivi du regard jusqu'à ce qu’elle rentre chez elle saine et sauve. Voilà, sa grande histoire d’amour. Une histoire d’une nuit, à sens unique. Et voilà qu’aujourd’hui, il fout tout en l’air. Elle est là, chez lui en cet instant… Allez… Il doit y aller. Il le doit. Pour elle. Pour lui. Pour eux...
Lentement, il se relève. Il n’entend pas la porte de sa chambre s’ouvrir pour laisser apparaître une jeune femme blonde.
, MON AMOUR IMPOSSIBLE , 


June.
ven 22 aoû 2008 02:19