
Mais merde, je connais cette histoire, je la connais parfaitement ! Avant, j’évitais tout sujet qui puisse m’y faire penser, de peur de dire quelque chose de déplacé, et voilà qu’aujourd’hui j’en plaisante ! Ne plus l’avoir côtoyée deux années durant l’a fait oublier que certaines phrases peuvent vraiment blesser.
- Je… suis désolé, je lance d’un ton profondément sincère.
En guise de réponse, elle pose un doigt sur mes lèvres avant de venir les embrasser brièvement.
- Ne t’inquiète pas. Te rends pas malade à cause de moi.

Ne pas me rendre malade à cause d’elle… C’est l’expression qui revient le plus souvent dans sa bouche depuis qu’il lui est à nouveau possible de me parler. Bien sûr, lorsqu’elle prononce ces mots, je comprends bien le message caché. Sa culpabilité quant à mon malaise des dernières années dû à son absence l’a beaucoup affectée. Aujourd’hui, je me rends bien compte qu’elle a souffert au moins autant que moi. Peut-être même plus…
Je lui caresse doucement la joue.
- Je me rends pas malade à cause de toi. C’est le contraire… Je pense qu’il est possible de faire des gaffes et de blesser un peu l’autre sans que ça tourne à l’apocalypse nan ?

Emily sourit légèrement et hoche la tête d’un air un peu honteux et résigné comme quelqu’un qui vient de faire une grosse bêtise. Je lève les yeux au ciel avant de me jeter sur ses lèvres. Bordel… Qu’est-ce que j’aime l’embrasser ! Qu’est-ce que j’aime la tenir dans mes bras ! Cela fait une éternité que je n’ai pas sentit contre moi le corps d’une femme en ressentant autre chose qu’une simple envie de sexe sans attache. Cela fait une éternité que je n’ai pas été heureux à ce point.
Je reste moi, bien évidemment. Même sarcasme, même caractère insupportable, toujours aussi aigri et plein de rancœur mais… Au moins je suis sincèrement heureux.
Je recule mon visage du sien avec une intenable envie de fondre à nouveau sur cette bouche qui m’a tant manqué, mais je me retiens en me contentant de la prendre par la taille.

- Je t’aime ma puce…
Bouarf ! Ca fait vraiment ridicule, dans ma bouche. Je me sens idiot. Devant elle, chaque parole douce venant de moi me paraît risible. Je ne suis pas habitué à prononcer ce genre de chose. Je me sens presque mal à l’aise. Mais toute gêne s’envole lorsque le sourire de la jeune fille apparaît.
- Arrête d’être aussi borné, rit-elle doucement. Si ça peut te rassurer, tu n’as pas du tout l’air idiot quand tu dis ça !
Gné… Comment a-t-elle su que je pensais ça ? Ah oui, mais non c’est logique en fait… C’est Emily. Elle me connaît par cœur.











delphine
sam 19 jui 2008 10:59