
– Oui, Jake ? Me parvient une voix que j’analyse immédiatement sans vraiment y croire.
Incapable de dissimuler ma surprise, j’écarquille les yeux comme des soucoupes alors qu’un flot de question m’assaille. Ma mère ne m’appelle jamais. Nous ne sommes spécialement en mauvais termes, mais elle ne m’appelle jamais. Et si elle le fait, ce n’est pas pour parler de la pluie et du beau temps. Il s’est passé quelque chose.
A peine cette pensée me traverse-t-elle l’esprit que je sais. Je sais sans savoir. J’attends bêtement la confirmation de mes soupçons, la confirmation de ma peur, la confirmation de mon horreur qui croit doucement en moi.
Je suis incapable de lui poser une simple question, comme, par exemple ; tu vas bien ? Je ne peux pas. Vu la voix qu’elle emprunte, je connais déjà la réponse.

- Maman, je lance d’une voix que je veux assurée.
Je ne suis pas doué pour prétendre ressentir ce que je ne ressens pas. Un long silence s’abat lourdement dans la pièce. L’un de ces silences que tout le monde connaît bien. De ceux que l’on crève d’envie de briser, parce qu’ils traduisent toutes les choses les plus négatives qui puissent exister, et qui pourtant persistent, jusqu’à nous paralyser entièrement. Alors ils demeurent… Survivent aux volontés humaines de les faire disparaître, passées sous silence. Rien ne va pas… Rien ne va plus… Rien n’est jamais allé…
Plus bas. Plus bas. Toujours plus bas. Je tombe.

- Il est… C’est fini. Déclara enfin la voix chevrotante de ma mère. C’est fini…
La tasse que je serre dans mes mains explose. Et la douleur ne se fait pas sentir. Le sang coule, Andreas s’empare d’un torchon pour immédiatement me bander la main. Apparemment, je n’ai pas de morceau de céramique enfoncé dans la peau. Et puis même si c’était le cas… Je m’en fous.
Parce que les mots prononcés, flous, indécis, et pourtant plus clairs à mes yeux que n’importe quelle parole, m’empêche de me soucier de quoi que ce soit d’autre. Regrets. Stupidité. Dégoût. L’envie de crier est trop forte pour que je n’y résiste bien longtemps. Je vais sans doute céder…
Plus bas. Plus bas. Toujours plus bas. Je sombre.

Et ma gorge explosera. Et j’aurai mal comme je n’ai jamais eu mal. Et je me détruirai les cordes vocales, si bien que je ne serai plus jamais capable de chanter. Parce que je suis pris de cette violente envie de m’enlever tout ce qui me plait. Tout ce qui me plait vraiment, les seules choses qui m’importent. Et parce que j’ai refusé d’accorder mon pardon, il est mort en ne me laissant aucune chance de me racheter. Il m’a demandé pardon de m’avoir fait porter le chapeau quant à l’accident qui a couté la vie à notre père et sa meilleure amie. Et ma rancœur ne m’a pas laissé l’entendre. Aujourd’hui, elle se disperse, trop tard. J’entends les notes de réelle détresse qui se cachait dans ses excuses. Je perçois tout de lui, mais il n’est pas là…
Plus bas. Plus bas. Toujours plus bas. Je m’effondre.





c'était la meilleurrìe histoire de Gwen je crois...



*va consoler son Jake Chéri*