
La troisième marche craque, et je me fige sur place. La dernière fois que mes parents m’ont surprise en train de les espionner lors d’une dispute, je me suis pris l’une des plus grosses roustes de ma vie. Je ferme les yeux, très fort, comme pour anticiper le coup que mon père va sans doute me donner, mais rien ne vient. En fait, mes parents continuent d’hurler. Ils sont apparemment trop pris par leur dispute pour se rendre compte que l’escalier vient de faire un bruit suspectant la petite souris d’être passée par là. Oui, la petite souris, c’est moi. C’est le surnom que m’a donné Matt pour se foutre de moi… No comment.

Je m’approche, et constate qu’ils se trouvent dans le bureau de mon père. Là, c’est la zone dangereuse… Le parquet craque.
Pas grave, je continue d’avancer, à présent bien trop impliqué pour penser à reculer.
- Je vais appeler la police ! Menace la voix de ma mère.
- Si tu fais ça, c’est le divorce assuré ! Et n’oublie pas July, sans moi, tu n’es rien, absolument rien !
- Mais qu’est-ce que tu crois Dave ?! Tu crois peut-être que personne ne va rien remarquer ?!
- Je mets tous les juges du monde dans ma poche en sortant mon chéquier, assure mon père. L’affaire sera étouffée, vite fait, bien fait. Il marque une pose avant d’ajouter ; je déteste qu’on tente de s’en prendre à mon argent.

Je m’approche encore… Et là, c’est le drame. Il se passe beaucoup de choses à a fois. Une latte grince sous mon poids, mon père tourne la tête, puis ma mère, et moi… J’aperçois enfin la raison de tant de cris. Un homme, assez jeune, sans doute pas plus de la trentaine, blond. Il est allongé sur le sol, une immense flaque de sang s’écoule de son crâne. A côté de lui, un chandelier jonche le sol. Il est mort, je le sais. Les billets maculés de tâches rouges semble confirmer mon hypothèse.
- Qu’est-ce que… Commence mon père d’un ton furieux.
- Retourne dans ta chambre, Clint, m’ordonne ma mère d’une voix sèche mais à la fois tremblante.

Et là, je ne dis rien. J’obéis, tel un automate, trop choqué pou dire ou penser quoi que ce soit. Ce type est mort… Tué par mon père. Tué par des billets de banque. Et soudain, je comprends. Je comprends pourquoi je pense tant à l’argent. C’est parce qu’en fait, je le déteste… Du plus profond de mon cœur. Il a fallu que mon père se transforme en assassin pour que je m’en rende compte.
Et évidemment, Dave Lawson avait raison. Quelques jours plus tard, l’affaire du meurtre de ce type est étouffée, conclue par un suicide. La vie reprend son cours normal pour ma famille… Mais pas pour moi.
Moi, je suis trop occupé à détester l’espèce humaine.





c'était la meilleurrìe histoire de Gwen je crois...




[A savoir que tu as écrit "surprise" au lieu de "surpris", je comprends, c'est l'habitude d'écrire au féminin, ça m'arrive bien des fois également...^^]
A part ça, bien que je n'ai pas laissé de commentaires depuis le début de l'histoire (et oui, je suis le genre de personnes qui lit une histoire, l'apprécie et ne daigne jamais laisser un simple commentaire) et bien, sache que j'aime beaucoup cette histoire. J'en ai lu beaucoup, des bien et des moins bien, et j'ai pu remarquer que faire des dissertations philosophiques sur les entiments humains tout en captivant ses lecteurs est généralement une tâche des plus ardues. C'est pourquoi je tiens à te féliciter.