
C’est le soir. Je suis en train de lire un livre ultra chiant pour le collège, mais bon, je le fais quand même parce que je suis obligé. Sincèrement, la Vénus d’Ille, c’est pas mon grand tripe, mais bon, hein…
Ca fait environ trois quart d’heure que mes yeux se bloquent sur une phrase. Ils la lisent et relisent encore. Mais ce n’est ni par ennui, ni par fatigue ou incompréhension. A vrai dire, ça fait trois quart d’heure que je prétends lire. En bas, mes parents ont commencé à se disputer. J’essaye de ne pas y accorder d’importance, mais je n’y arrive pas.

Je suis habitué aux cris, ils explosent à peu près tous les soirs, mais aujourd’hui, il y a quelque chose de particulier. J’ai entendu un grand bruit, une sorte de « boum » sonore. J’ai d’abord cru que l’un avait frappé l’autre, mais leurs deux voies continuent de se hurler dessus, ce qui montre qu’ils vont bien, physiquement.
J’ai honte de le dire, mais j’ai peur… Je ne supporte pas leurs disputes. Pas parce que je crains un éventuel divorce, non, mais parce qu’elles ont quelque chose de… Lugubre. Ils me font penser à deux êtres à peines vivants, existant dans un monde où ils n’ont aucune réelle attache, qui se mettent à hurler parce que c’est la dernière chose qu’il leur reste. Ils sont sûrement bien aidés par leurs substances adductives respectives. Ma mère est alcoolique, mon père se fait des lignes de coke. Il paraît que c’est courant, dans son métier… Bref, ils s’engueulent.

Mais encore une fois, ce n’est pas comme d’habitude. Je ne pense pas que mon père est en train de reprocher à ma mère de s’être trouvé un nouvel amant, ni que ma mère n’accuse mon père d’aller aux putes. Ouais, mais des putes de luxe, attention…
- TU NE BOUGE PAS D’ICI ! J’entends crier mon père.
C’est la seule phrase qui me parvient clairement. Là, c’est carrément bizarre. En général, lorsque ma mère exprime le désir de s’en aller, mon père l’encourage avec un très respectueux « c’est ça, casse-toi, salope », mais jamais il ne tente de la retenir.
Non, ce n’est vraiment pas normal.

Je me lève de mon lit, hésitant. Maintenant, de toute façon, c’est trop tard, la Vénus d’Ille ne sera jamais bouclé ce soir. Alors tant qu’à faire, pourquoi ne pas découvrir la cause de tant de haine et de violence ?
Je me prends tranquillement pour James Bond, et sors de ma chambre sur la pointe des pieds avant d’entreprendre de descendre les escaliers sur la pointe des pieds. Encore une mission commando pour le lieutenant Clint Lawson ! Yiiiiha !
J’ai très envie d’exploser de rire tout seul, comme un con, mais justement, c’est tout le problème… Je déteste avoir l’air con.
-> Avis à tous les traumatisés de la Vénus d'Ille qu'ils ont dû lire en quatrième O__o * en fait partie * xD <-





c'était la meilleurrìe histoire de Gwen je crois...

