
Et on sonne à la porte. J’ai la chair de poule. J’ai peur, très peur. Que va-t-il dire ? Que va-t-il faire ? Est-ce que les choses vont changer ? Me pardonnera-t-il d’avoir mis fin aux jours de ces deux personnes a qui il tenait tout autant que moi ? Alex s’avance, tout doucement, fait la bise à Tania, ne m’ayant apparemment pas encore remarqué.
Puis, c’est le cas. Il me fixe quelques instants d’un air froid avant de s’avancer vers moi. J’ai aussitôt la réponse à toutes mes interrogations. Oui, il m’en veut oui. Non, il ne va pas mieux que moi. Oui, je suis responsable de cet état.
- Comment… Comment ça s’est passé ? Me demande-t-il directement.
Aucuns préliminaires. Juste cette question directe et blessante. Il m’accuse déjà, dans le ton de sa voix.

- On est allé le chercher… Papa, et puis j’ai insisté pour conduire parce que… Parce que Violet était déjà un peu fatiguée. Papa voulait prendre le volant, mais j’ai continué de refuser, et puis… On est parti. Un peu plus tard, un type bourré…
- A fait quoi ?! S’emporte mon frère. Un type bourré a fait quoi, Jake ?! Il vous est rentré dedans ? Alors tu n’y es pour rien, c’est ça ?! Evidemment ! Tu sais que tu dois éviter de conduire la nuit, TU LE SAIS BORDEL !
Il a raison, c’est ça le pire. Mes yeux ne sont pas assez compétents le soir, même avec des lentilles. Mais est-ce que cela aurait vraiment changé quelque chose ? Bonne vue ou pas, cela aurait-il réellement empêché ce mec de nous rentrer dedans ?
Apparemment. Au regard assassin que me lance Alex.

Une vague de culpabilité s’empare de moi. Putain… Pourquoi est-ce que j’ai insisté ?
POURQUOI ?
Etait-ce si compliqué de laisser le volant à mon père ?
POURQUOI ?
N’en avais-je rien eu a foutre, de les mettre en danger ? Ou alors n’en avais-je pas conscience ? Etait-ce si dur de réfléchir un quart de secondes aux conséquences ?
POURQUOI ?
- Pourquoi… s’échappe l’éternelle question de mes lèvres.

- Tu les as tués, Jake. Me marmonne mon frère. Tu les a tué… Tout est de ta faute, absolument tout… Sans toi, ils seraient en vie.
Il est toujours plus facile de reporter la faute sur quelqu’un que l’on est en mesure de blâmer. Mon frère ne peut se résoudre à accuser cet homme qui nous a percutés. Parce qu’il ne se trouve pas à portée de main. Il ne pourra jamais lui hurler à quel point il le maudit. A moi, si. Je peux comprendre cela. Je peux le comprendre, et en même temps je réalise que je n’y suis pour rien. Mais je me rends compte aussi qu’aux yeux de ceux qui me sont le plus cher, ce sera ma faute





c'était la meilleurrìe histoire de Gwen je crois...

