
Ses talons claquent contre le parquet, et elle referme brusquement la porte derrière, ce qui entraîne un bruit sourd.
Elle est marrante, elle… Si elle a envie de voir sa meilleure amie, moi, je n’ai absolument aucun désir d’être entouré. Je veux seulement qu’elle soit à côté de moi, dispute ou pas, parce que je me rends soudainement compte que je regrette amèrement de m’être emporté de la sorte. C’est effrayant de constater à quel point je ne peux me séparer d’elle, alors que je suis incapable d’apprécier à leur juste valeur les moments passés avec elle. C’est idiot, mais c’est lorsqu’elle se trouve loin de moi que je me rends compte à quel point j’aime Nikita.

Je me lève lourdement pour aller me préparer une tasse de café. Il est tard, mine de rien. Je cois que nous aimons nous disputer la nuit… Ce n’est pas vraiment la première fois qu’elle quitte l’appartement en catastrophe.
Mon regard se pose sur une photo de nous deux, et un sourire se dessine sur mon visage. Je me sens très idiot, d’étirer ainsi les lèvres devant une simple photographie, mais on paraît si heureux que je n’y peux rien…
J’aime lorsqu’elle rit. Lorsqu’elle rit, et aussi lorsqu’elle pleure. Lorsqu’elle s’énerve et lorsqu’elle se calme. J’aime tout chez elle, vraiment tout. Alors bien sûr, nous faisons face à des disputes, comme tous les couples normalement constitués, mais au fond, ce n’est jamais bien grave…

Tasse de café en main, je retourne prendre ma digne place sur le canapé. Je m’oblige à attendre ne serait-ce qu’un quart d’heure. C’est déjà arrivé qu’elle reste plantée derrière la porte d’entrée à se demander si elle ne ferait pas mieux de rentrer, et qu’elle se décide enfin à le faire après quelques minutes.
Donc j’attends, et bien qu’il me semble que ce soir, elle ne reviendra pas tout de suite, je m’obstine. Après tout, on s’aime. Elle ne peut pas m’en vouloir indéfiniment, à cause d’un simple quiproquo qui a tourné au drame, si ?
En cet instant où je ne sais encore strictement rien de mon avenir, je me dis que jamais je ne retrouverai quelqu’un comme elle. Je me dis également que de toute façon, je n’aurais jamais besoin de chercher. C’est elle, celle qui m’est destinée, alors pourquoi penser à la remplacer ? C’est idiot et inutile.

Je sens que la fatigue ma gagne petit à petit. Mes yeux se font lourds, et c’est à peine si j’entends la tasse heurter le sol lorsque je la lâche malgré moi. Mon corps tout entier s’avachit sur le canapé, et je ferme les yeux. Lorsque je les rouvrirai, elle sera revenue.













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