
Il me fixe très sérieusement, et perçoit sans doute mon air paniqué. Ses lèvres se fendent en un sourire que je sais forcé, mais je choisis de ne pas écouter ce que me crie ma raison, et de croire qu’il vient de rire.
- T’es contente si je te dis que c’est n’importe quoi ? Demande-t-il innocemment.
J’hoche frénétiquement la tête. Il soupire lourdement, mais je ne l’entends pas. Tout ce qui m’importe, ce sont les prochains mots qui vont sortir de sa bouche. Je sais que je les croirai, quels qu’ils soient.

- Ouais, c’était des mytho.
Évidemment, il me ment. Je le sens, et je le sais. Cependant j’ai trop peur d’admettre la réalité pour me demander qui, de mon cœur et à conscience, je dois écouter. Mon cœur me crie de le considérer comme un menteur, parce qu’il ne supportera pas le contraire. Ma conscience me susurre de croire sa première version, parce que ne pas le croire serait injuste, et le blesserait… Et à cet instant, je choisi mon cœur, sans l’once d’une hésitation.
- T’es horrible ! Je l’accuse.

Il me lance un sourire d’excuse, qui semble vouloir me lancer une phrase du genre « désolé de t’avoir fait peur. C’était la vérité, mais désolé quand même ». J’ignore cet appel à la réalité.
Andreas se relève, et je l’imite instantanément. Je trouve soudain que les couleurs chaudes de l’automne manquent de vigueur, de conviction. Parce qu’elles ne réchauffent en rien le froid glacial qui s’est installé dans mon cœur.
Mon frère se tourne vers moi, et avec une expression étrange, me lance ;
- Tu me fais un câlin, la naine ?

Il vient de me demander cela d’un ton désinvolte, sous entendant que si je refuse, il s’en fout. Cependant, on croit rêver. Andreas, mon Andreas, Andreas Young demande un câlin ! Je suis trop jeune pour me rendre compte que cette étreinte va énormément compter pour lui.
Mon frère n’est pas quelqu’un à qui les mots peuvent facilement faire du bien. Il à besoin d’une présence, d’un contact physique qui le rassure, qui lui dise qu’il n’est pas seul, quelque chose à quoi se raccrocher.
Je tends mes bras en sa direction, et il fond sur moi en refermant les siens, encore un peu freluquets, dans mon dos. J’émets un petit bruit de surprise. C’est qu’il va m’étouffer, ce con !
















