
– Je vous laisse, annonce soudain Tess d’un ton un peu trop léger compte tenu de la situation avant de dévaler les escaliers comme une dératée.
Silence. Froideur. Haine. Souffrance. Quatre mots qui me viennent systématiquement en tête lorsque l’ex amour de ma vie point le bout de mon nez.
L’ex amour de ma vie… Cela fait très peu de temps que j’ose enfin reconnaître l’avoir aimée. Avec cinq ans de retard. Quel con je fais.
Quels êtres pitoyables nous sommes, elle comme moi… Comment deux personnes peuvent-elles en arriver là ?
Comment peut-on faire souffrir un homme sans un seul regard en arrière ? Seule Emily détient la réponse.
Comment peut-on haïr une femme qu’on a tant aimée au point de maudire le monde entier ? Moi seul détiens la réponse.

Quoi qu’il en soit, nous sommes là, l’un face à l’autre. Elle plante son regard dans le miens, et bientôt je n’arrive plus à en décrocher. Non pas que je sois envoûté, non, loin de là… Je tente simplement de comprendre… J’essaye de déceler une explication dans ces iris d’une couleur si particulière… Une réponse à mes questions passées sous silence.
Où étais-tu ? Pourquoi es-tu partie ? Pourquoi es-tu revenue ?... Et bien d’autres encore.
- Euh… Ca va ? Me demande-t-elle doucement.
Je la toise avec un dédain presque forcé tellement il est grand.
- Ouais, mais ça irait encore mieux si tu décidais de te casser, je rétorque avec une froideur qui n’est pas, ou qui n’est plus, la mienne.

Emily baisse la tête, mais cette fois, je sens une différence. Elle ne se contente pas de s’écraser devant moi et mes allures de tortionnaire, non, elle serre les poings, fort, très fort. Tellement que je les vois trembler, tandis que ses jointures en deviennent blanches.
Ce n’est pas un visage triste et noyé par les larmes qu’elle lève vers moi. C’est un visage animé par une colère et une frustration sans pareille. L’espace de quelques secondes, je me retrouve quelques années auparavant, face à cette femme combattive que j’avais appris à chérir. Ces traits durs et révoltés, je les connais si bien… Oui, si bien…

- Tu sais quoi ? Me crache-t-elle au visage. Va te faire foutre ! Je ne peux pas fournir d’efforts si tu n’es pas là pour les recevoir, ça, ce n’est pas possible ! Je suis revenue vers toi, alors maintenant, si tu ne veux pas parler, très bien, ça te regarde ! Je pensais que ça t’intéresserait de savoir pourquoi j’étais partie comme une horrible salope sans aucune explication, et sincèrement, je pense que tu mérites de connaître la vérité, mais après tout, je ne vois pas pourquoi je me casserais le cul si tu me considère comme l’éternelle méchante de l’histoire ! Va te faire foutre ! Répète-t-elle pour conclure.
















DU SANG DES TIRPES ET DES BOYAUX BWHAHAHAHHAA !!!