
–T’es vraiment pas cool de te moquer, m’accuse-t-elle. Vu tout le courage qu’il m’a fallu pour venir te voir…
Je lui intime le silence en la prenant dans mes bras. Je prends garde à ne pas la serrer d’une manière trop intime ou sensuelle. Juste une étreinte purement amicale. Je suis content qu’elle me dise ça, réellement. Si elle avait continué dans la voie qu’elle avait tout d’abord empruntée, je pense que nos chemins auraient dû se séparer sur de bien mauvais termes. En se libérant ainsi de moi, elle permet à notre amitié de rester intacte. C’est peut-être égoïste de ma part, mais cette idée suffit à me mettre en joie. L’idée de ne plus l’avoir avec moi m’emplit d’amertume. Tout comme cela le fait avec Lyra. Je suis amicalement accro à ces jumelles qui se haïssent.

- Je ne me moque pas du tout Tessie, au contraire, je suis heureux. Vraiment heureux que tu prennes les choses comme ça. Et si quelqu’un doit s’excuser, ce n’est pas toi, mais moi. J’ai été vraiment infect avec toi ces derniers jours, et je suis désolé.
Et nous voilà partis, comme dans les films américains, avec nos « pardonne-moi » larmoyants toutes les cinq secondes… Peut-être est-ce cliché et pathétique, mais mine de rien… Une bonne demande d’excuse et le fait d’accorder son pardon peut faire un bien fou. Nous en sommes la preuve vivante.

- T’es un type super Clint, m’assure-t-elle en se dégageant de mes bras. Vraiment super.
J’ai envie de lui répondre la même chose, mais les mots restent bloqués. Peut-être que je m’améliore de jours en jours en matière d’expression de sentiments, mais je ne suis pas encore maître dans l’art de l’émotion. Je me situerais vers le niveau plus bas que terre.
- Idem, je lance avec une fierté débile et ô combien indispensable à mon équilibre d’homme.

Mon amie rit pour la troisième ou quatrième fois. C’est vrai qu’aujourd’hui, j’ai l’impression de découvrir une nouvelle femme, joyeuse et épanouie, même si ce n’est pas tout à fait le cas. Pour être épanouie, il faudrait que ses problèmes avec Lyra cessent, ce qui est loin d’être réglé. Quant à ses sentiments, bien qu’elle aille de l’avant, je sais très bien qu’elle ne peut pas les oublier aussi rapidement. Je lui laisse du temps, et lui propose du soutien. Si c’est ce dont elle a besoin, je pense être dans le devoir de l’aider.
J’entends alors les escaliers grincer. Vivement, je me retourne pour me retrouver nez à nez avec une vision aussi bien positive que négative.
Bonjour Emily, comment vas-tu Emily ? Casse-toi Emily, tu seras mignonne.
Connasse.













Il me tarde la suite!