
Le jeune blond tourne lentement la tête vers moi, un air morne se baladant sur ses traits, avant de me toiser avec mépris.
- Tu sais quoi, Lyra ? Me lance-t-il soudainement. Ce n’est pas que j’en ai quelque chose à foutre, mais parfois je me dis que ta vie doit être bien pitoyable pour que ton seul plaisir se réduise à celui de faire chier les autres.
Les mots lancés sont glaciaux, tranchants, blessants, et paradoxalement profanés avec une indifférence déroutante. Si ma fierté n’avait pas intervenue pile à ce moment là, je crois bien que je n’aurais pas été capable d’empêcher mes larmes de se montrer.
Il lance cette phrase d’un ton simple et cruel, se foutant totalement de la façon dont je le prendrai. Il ne cherche même pas à me blesser, il exprime simplement son point de vue.
Je sens un nouvel élan de rage croître en moi à une vitesse fulgurante.

- De qui tu parles exactement ? Je hurle, perdant pratiquement tout contrôle. De toi ou de moi ?! T’as pas l’impression d’être pareil ? Espèce d’arrogant, prétentieux, idiot…
Les mots se bloquent subitement avant de mourir dans ma gorge. Ca en sert à rien, de toute façon il reste inébranlable, peu importe les paroles, les gestes et les mots. Cependant, je n’avais jusqu’alors jamais réalisé à quel point cette attitude pouvait presque se révéler… Dangereuse. Un rictus horripilant anime alors ses lèvres, avant que sa langue de serpent ne se mette à siffler.

- Précise-moi à quel moment j’ai laissé entendre être différent ? Tu vois ma belle, la grande différence entre toi et moi, c’est que moi, au moins, je ne tente pas de m’inventer une vie parfaite, et je sais très bien de quoi il en retourne ! Tu penses peut-être que je ne sais pas ce que tout le monde pense de moi ? Andreas Young, celui dont l’existence ressemble plus à un immense vide qu’autre chose, lance-t-il en adoptant délibérément un ton théâtrale. Ce que vous ne savez pas, c’est que je n’en suis pas malheureux, moi, de cette putain de vie. En fait, je n’en suis ni malheureux, ni heureux, j’en ai absolument rien à foutre. Alors ne viens pas me faire chier avec tes leçons psychologiques à deux balles, je sais parfaitement qui je suis et quel genre de vis je mène.
Il termine ce petit monologue sous les regards figés de tous ceux présents dans cette pièce, et retourne sans un seul regard vers nous à sa précédente occupation, c'est-à-dire, se préparer une tasse de café. Je ne peux m’empêcher d’être impressionnée par la façon dont il vient de dire tout cela. D’un ton infiniment calme et posé. Ce qui ne l’a pas empêché de se révéler très… Méchant. C’est le mot.

Il est extrêmement intelligent, porte un regard lucide sur lui-même et les autres, et pourtant, il est doté d’une âme profondément méchante. Ou peut-être est-ce la façade derrière laquelle il se cache…
Mais en réalité, je crois bien qu’il n’y a pas de façade… Il me semble même qu’il n’en a jamais eue… Aucune façade, aucune forteresse autour de lui… C’est simplement un homme mauvais, chez qui je me suis échinée à voir le bon. Est-ce possible qu’il n’en possède pas une once ? Pour l’instant, je ne sais pas, et refuse de le savoir.
Pour l’instant, je suis blessée…


















Andy toujours aussi... Andy ^^"