
Je pose une main apaisante sur son épaule avant de rentrer dans l’indestructible jeu du blond. L’indifférence par excellence.
- Laisse tomber, il a pas tout à fait tort.
Les trois hommes me dévisagent, et mon frère reste le plus choqué des trois. Je vois bien qu’il ne gobe pas un mot de mon mensonge. Il me connaît. Si j’avais simplement voulu tirer mon coup, je n’aurais pas attendu tant de temps pour passer à l’acte.
Seulement, je déteste être percée à jour. C’est pourquoi je joue la carte de la cruauté.
- Ca fait huit ans que tu ne me connais plus, Ken.
Il se renfrogne soudainement, une culpabilité apparente dans les yeux. Je n’en cerne pas réellement les origines, mais je crois bien qu’il s’en veut de m’avoir laissée partir seule. Oui, ce doit être pour ça.

Un silence de mort s’installe alors dans la pièce avant que je ne le brise avec tout le naturel dont je suis capable.
- Dis Camilla, j’ai emprunté des fringues à toi que j’ai trouvé dans l’armoire, ça ne t’embête pas ?
Celle-ci lèvre vers moi un regard doux. Son obstination à se montrer éternellement gentille et compréhensive m’exaspère tellement que j’en ai presque envie de lui tordre le cou. Je découvre aujourd’hui une chose. Coucher avec les blonds développe de fortes envies de meurtre.
- Non, aucun problème, sourit-elle.
Je la remercie d’un bref mouvement de tête tandis que je fais mon possible pour ne pas plonger mon regard dans celui d’Andreas, ce même regard qui pèse en cet instant sur moi.
- T’as fouillé dans ma chambre ? M’accuse-t-il très froidement.

- Non, je réponds en poussant un profond soupir. Non, je n’ai pas fouillé dans ta chambre, j’ai simplement vérifié si tu ne possédais pas une tenue féminine dans ce lot de tissus masculins, après la disparition de mes propres vêtements.
Matthias émet un léger rire et me gratifie d’un clin d’œil encourageant que j’accepte avec plaisir, tandis qu’Andreas lève les yeux au ciel.
- T’es qu’une pauvre idiote… J’ai foutu tes fringues sur le balcon ce matin, elles puaient la clope, et je déteste cette odeur. Ca me casse les couilles.
- Et c’est un camé endurci comme toi qui va me faire une crise sur la senteur de substances illicites ? J’ironise d’un ton tout aussi tranchant que le sien, croisant les bras.

















bien joué Lyra !