
Je ne fais attention à rien, n’ai même pas conscience que nous montons les escaliers, que nous passons une porte… Je me retrouve allongée sur son lit, lui au dessus de moi, sans même vraiment savoir comme j’ai pu y atterrir. Je crois qu’aucun de nous, aussi bien lui que moi, ne réfléchis plus. Tous nos gestes sont guidés par un même désir, une même avidité, une même envie. Son haut glisse sur le sol en même temps que le mien, tandis qu’il couvre chaque parcelle de mon corps de baisers terriblement sensuels et agréables. Je ne suis plus qu’en sous-vêtements lorsqu’il se relève brusquement.
Coupée dans mon élan, je le regarde, intriguée, son contact me manquant déjà.

Il reste debout et je m’approche doucement de lui pour l’enserrer de mes bras, mais il se recule encore. Une bouffée de chaleur s’empare de moi… S’il continue à m’éviter, je ne vais pas tenir longtemps.
- Je reviens, lance-t-il alors dans un murmure affreusement attractif.
Il se dirige vers la porte et je m’élance derrière lui. Il m’arrête, un grand sourire aux lèvres.
- Attends-moi là, ma belle, glisse-t-il. Je te promets que tu ne vas rien regretter, je te réserve de belles petites surprises.

Je me recule de quelques mètres pour percuter à nouveau de lit et m’étaler sur le matelas, tous mes sens en éveil. Son temps d’absence paraît se multiplier par cent, tant mon désir de l’avoir tout contre moi est fort. Mon cœur bat si vite que je n’ai même pas le temps d’en sentir les pulsations. Je ne pense même pas à m’interroger sur la morale de tout cela. Ai-je raison, ai-je tort, je m’en fous complètement. Sentiments ou pas de sa part, ça aussi, ça m’importe bien moins que cela ne le devrait. Je crois bien que ce que j’éprouve me fait aller au-delà de toute attente vis-à-vis de lui. Je l’aime, j’aime cet homme faussement indifférent à tout qui masquent ses peines et ses douleurs derrière de la moquerie, je l’aime lui, son odeur, son corps, sa peau, ses traits… Tout.
Et une chose est sûre ; je le veux. Ici, maintenant, tout de suite.
Je fais sans doute une erreur… Mais qu’importe. Je m’embarque sûrement dans un nouveau cauchemar, mais je m’en contrefous. Je suis prête à endurer toutes les humiliations du monde pour ces quelques minutes de plaisir charnel prononcé.
Mon impatience croît en même temps que mon désir qui ne s’atténue pas. J’ai tellement chaud que je ne supporte aucun contact. Sauf le sien, évidemment.

Enfin, il repassa la porte. Je souris niaisement, ne dissimulant pas une seule seconde ce que j’éprouve. Il est trop tard pour reculer.
Il est la, se tient droit, beau à en mourir, et mon cœur s’emballe. Sans que je ne sache pourquoi, les larmes me montent aux yeux.
J’ai envie de lui crier un nombre de choses insensé, envie de me jeter dans ses bras rassurant et de le laisser explorer mon corps sans limite, j’ai envie de lui murmurer que je l’aime à la folie, et par-dessus tout, je crève d’envie qu’il me réponde… Ce qui est impossible, horriblement impossible. Un immense sentiment de désespoir m’assaille sans retenue. Je ne sais pas quoi faire, absolument pas. Parce qu’il ne m’aime pas, cela se voit dans ses yeux, aussi clairement qu’il vient de se droguer.












