
Andreas pousse un profond soupir et se dirige vers le canapé où il se laisse bien lourdement tomber. Il appuie ses avant bras sur ses cuisses, et nous contemple, elle et moi, cet éternel sourire pendu à ses lèvres comme s’il lui avait été sculpté, incrusté dans la peau.
- Bah quoi ? Accuse-t-il le coup en voyant des regards réprobateurs peser sur lui. Y a un conflit, je regarde ! Votre truc est tellement pathétique que ça bat les feux de l’amour et plus belle la vie réunis !

Personne ne répond rien. Après tout, c’est Andreas et s’il change, c’est en pire. Evidemment que notre histoire ne le préoccupe pas une seule seconde, qu’il s’en fiche comme de son premier stylo bique, et que pour lui nos disputes sont une simple distraction. Evidemment. Nous sommes tous habitués, et aujourd’hui, je n’ai pas envie de m’étendre sur ses faits et gestes. Gwen le fait déjà assez bien toute seule.

Et les secondes passent. Puis les minutes, les heures. Des personnes que je ne connais pas arrivent, d’autres plus familières. Bizarrement, tout ce soir prend une connotation irréelle. Parce qu’elle est là, tout près, si près… Je n’ai qu’à avancer pour la toucher. Cette gifle que je lui ai donnée est le premier contact physique que j’ai eu avec elle depuis son retour. Plus que quelques mètres et je sentirai à nouveaux sa peau douce sous mes doigts. Plus que quelques mètres…
Elle m’a abandonné.
Cette pensée me fige et me fait rester à ma place éloignée avant même qu’Emily n’ait pu s’apercevoir que j’ai esquissé le moindre mouvement.

Tout ça est vraiment trop injuste. La tentation ne devrait pas m’assaillir de la sorte, ce n’est pas normal. Je suis Clint Lawson, celui qui à réussi à s’imperméabiliser à tout sentiment trop poussé que peux lui procurer la gente féminine. Je ne devrais pas être tiraillé de la sorte. Ce n’est pas bien… Ce n’est pas normal… Ce n’est pas moi… Non, vraiment pas moi.
Elle me change, me métamorphose. Petit à petit je redeviens celui que j’étais avant. Celui qu’elle avait réussi à me faire devenir, celui qui lui avait ouvert son cœur, confié ses doutes et ses problèmes sans une once de méfiance. Je redeviens pitoyable en guidé par des sentiments que je veux repousser au fond de moi-même. Ils ont d’ailleurs bien trop ressurgi depuis le début de la soirée. Je m’arrache brusquement à la place que j’occupe près des escaliers que personne n’utilise pour rejoindre Tess, à qui je n’ai pas osé reparler depuis notre dispute. Je me serais peut-être dirigé vers Lyra si celle-ci ne s’était pas trouvée en pleine discussion avec Sheldon. Puis après tout, il est bien temps que je parle à sa sœur… Je tiens aux deux d’une manière parfaitement égale, même s’il m’est moins aisé, parfois, de parler avec Tess.

Cette dernière me voyant arriver m’adresse soudainement un bien large sourire qui me surprend et m’emplit de contentement. Je ne m’étais pas attendu à ce qu’elle m’accueille si bien, mais après tout, je ne men plains pas. Jeffer, avec elle parlait jusqu’alors, se retourne également, et affiche un air légèrement sceptique qu’il cache rapidement et avec habileté. Lui et moi n’avons jamais été ni particulièrement amis, ni particulièrement ennemis, mais il semble peu apprécier tout ce que je fais vis-à-vis de Tess.














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